Je vais vous faire découvrir le
GOTLAND, un mouton suédois, dont j'ai acquis une petite partie d'une toison.
Mais avant tout un bref historique
- Le Gute - Sur l'île de Gotland, en mer baltique, il y avait d'abord une race primitive de moutons : le Gute.
Tous les mâles avaient des cornes, et pour les femelles, c'était une fois sur deux... Au fur et à mesure des siècles, et des croisements avec d'autres races de mouton, il y eut de moins en moins de Gute sur l'île de Gotland. Jusqu'au XXème siècle, lorsque quelques éleveurs éclairés décidèrent de recréer la race.
- Le Gotland - Lorsque l'île - d'où étaient partis les Goths aux premiers siècles de l'ére chrétienne, fut occupée par les vikings, le Gute fut croisé avec des moutons ramenés des expéditions : le Karakol et le Romanov... C'est ainsi que la race des Gotland proprement dite fut créée.
- Le Gotland Peltsheep - Dans les années 1920, certains éleveurs décidèrent de rationaliser la production du Gotland, en vue d'obtenir une laine uniforme dans la couleur et plus abondante ; et aussi à des fins de boucherie... C'est ainsi que fut créé le Gotland Peltsheep, ou
modern Gotland
.
Une agnelle nommée PirketteTout commence par la réception d'un colis de Florence
- les laines du Mouchon en provenance de la Belgique.
Instant magique, ouverture du paquet ; et ce jour-là ce fut encore un émerveillement.
Un bon kilo de tonte d'une agnelle gotland prénommée
PIRKETTE (1ère tonte de 7 mois) m'attendait.
Je cite Florence :
"PIRKETTE est une de mes brebis gotland... Les gotlands sont des moutons issus de l'ile de Gotland en Suède, autant dire qu'ils sont très peu nombreux en Belgique, ils ont une laine exceptionnelle, douce, lustrée et de couleur gris clair à anthracite, une merveille à filer et à feutrer."
Pirkette est la fille de
Pirko et de
Pépère (moutons gotland).
Tout va débuter par la préparation de ces fibres en deux temps qui vont se décomposer ainsi:
- premier temps : lavage, séchage, échapillage et cardage
- deuxième temps: lavage, séchage et cardage
1er TEMPS: - Le premier lavage se fera jusqu'à l'obtention d'une
eau claire. Cela nécessitera plusieurs eaux et
pas de produits de lavage, juste de l'eau à température ambiante. Ensuite, les fibres seront
essorées à la main, et étendues en petits tas sur un treillis pour un
séchage au grenier.
Les fibres vont tout doucement sécher, et elles vont gonfler de façon naturelle.
Voici le résultat que j'ai obtenu du premier lavage, et séchage sur treillis dans mon grenier. -l'écharpillage :Une fois les fibres séchées, il me faut effectuer une préparation assez fastidieuse et longue, mais nécessaire, pour que mon cardage soit bien réalisé. Les préliminaires sont toujours les mêmes qu'il faut respecter pour obtenir un beau cardage. Donc, j'écharpille les fibres, (ce qui signifie aérer celles-ci) grossièrement avec mes mains. Ensuite je me sers de cardes, cardinettes ou alors étrilles pour chats, afin de bien démêler mes fibres au mieux avant de les passer en cardeuse.
Plus la préparation est soigneusement faite, plus le cardage s'en trouvera facilité et les fibres n'en seront que plus belles.
-Le premier cardage : une fois cette petite préparation faite, je carde enfin avec ma cardeuse à rouleaux mes fibres et j'obtiens, sous forme de larges bandes, des fibres qui sont bien étirées de façon régulière et dans le même sens.
A ce stade, la première partie est finie; mais je ne suis pas au bout de mes peines, et commence maintenant la deuxième partie.
2ème TEMPS: - deuxième lavage : je prépare mes fibres cardées en petits rouleaux, que cette fois-ci je vais relaver en eau claire tiède avec une goutte de vinaigre, en prenant bien soin de ne pas les défaire. Une fois que cette opération est terminée, je remets sur mon treillis mes petits rouleaux que j'ai pris soin d'essorer avec mes mains, en leur laissant toujours leur forme initiale, et je remets le tout à sécher au grenier. Les fibres vont gonfler de façon magnifique, elles ont séché de façon naturelle, l'air circulant en dessous et au dessus du treillis.
- deuxième cardage: cette fois-ci, je recarde le tout pour la deuxième fois, mes fibres sont superbes, bien étirées, pas de feutrage en vue, légèrement en suint, car souvenez-vous, je n'ai pas encore employé de produit de lavage, cette opération sera réservée en toute finalité; au stade de l'écheveau.
Vient maintenant le temps du filage à proprement parlé Le moment tant attendu est enfin arrivé, et je réalise le filage de cette belle laine d'agnelle de 7 mois (1ère tonte) sur mon rouet berrichon, qui file très très fin.
Dans le temps ce rouet servait à filer le lin et le chanvre , et c'est pour cette raison que le goulot par lequel la laine
s'engouffre est si étroit.
Voici mon rouet berrichon et mon petit panier contenant du gotland prêt à être filé.
- voici ma laine filée sur la bobine du rouet berrichon
j'obtiens une fibre d'une finesse superbe. Le filage est agréable et se fait sans problème, ayant pris soin de laisser les fibre à filer légèrement en suint.
Cette pécaution est très importante, le suint facilite le filage et évite que le fil ne casse, en accroît sa finesse, ainsi que la régularité du filage.
ET APRES : En effet, j'ai maintenant une bobine pleine, que je vais mettre en écheveau sur mon échevaudoire, et dont je vais attacher les fibres sur les 4 côtés, ensuite le retirer de l'écheveaudoire pour procéder au tout dernier lavage.
Je vais laver l'écheveau que j'ai obtenu dans une eau tiède, avec un shampoing pour bébé au PH NEUTRE.
Ensuite, je vais procéder au rinçage, et en dernière eau, je me mets quelques gouttes d'huile essentielle, de cèdre de bois, qui a pour effet de protéger ma laine des mites.
Comme d'habitude j'essore mon écheveau avec mes mains, je roule celui-ci dans une serviette pour éponger le surplus d'eau, et je réinstalle mon écheveau sur mon écheveaudoire, afin de bloquer en extension mes fibres jusqu'au séchage complet.
Voila, c'est fini et j'obtiens ma laine prête à être tricoter ou crocheter,ou tisser:
Je vous laisse admirer le résultat : De l'animal au filage